Grandeur, décadence... et nouvelle grandeur des études coloniales depuis les années 1950

Dossier : L'Etat colonial
Par Frederick Cooper
Grandeur, décadence... et nouvelle grandeur des études coloniales depuis le début des années 1950 Frederick Cooper Paradoxalement, dans la décennie qui suivit la publication de l'article à la fois brillant et pénétrant de Georges Balandier sur la « situation coloniale » en 1951, dans une période où les questions coloniales étaient vivement débattues, les chercheurs en sciences sociales se sont consacrés moins à l'étude du colonialisme qu'à celle des luttes anticoloniales et des possibilités ouvertes par la décolonisation - à savoir la modernisation, l'urbanisation et l'industrialisation. Or, dans les années 1980, à un moment où le colonialisme avait disparu de l'univers des possibles politiques, on a pu constater un regain d'intérêt pour l'étude du fait colonial. Cet article explore une période de cinquante ans durant laquelle la notion de « situation coloniale » a été successivement mise en avant puis abandonnée : il suggère à chaque fois des manières alternatives d'envisager les colonies et les ex-colonies, puis analyse les enjeux et la portée du regain intérêt pour l'étude du colonialisme à une époque où l'ordre colonial n'est plus un problème politique d'actualité.
Voir l'article sur Persée