Le retour de la science politique allemande. Une continuité paradoxale dans la période de l'après-guerre

Dossier : Sciences politiques allemandes
Par Hans Lietzmann
Le retour de la science politique allemande. Une continuité paradoxale dans la période de l'après-guerre Hans J. Lietzmann Si l'histoire contemporaine a pu établir de manière incontestable que la science politique allemande a été sous la forte influence de la science politique américaine, on sait moins combien le développement de cette discipline aux Etats-Unis a été redevable des « émigrés » allemands, notamment de ceux qui avaient pris le chemin de l'Amérique après la première guerre mondiale. Parmi eux, l'article examine notamment la figure de Carl J. Friedrich, formé à l'Institut de Heidelberg auprès du frère de Max Weber, Alfred. L'inspiration conservatrice et élitiste de cet institut, promoteur des sciences sociales et d'un certain spiritualisme politique, permit à Friedrich de développer ce que d'autres émigrés avaient avant lui fondé à Harvard : des sciences administratives satisfaisant au double impératif d'efficacité de la conduite des affaires publiques et de maîtrise des effets de la participation démocratique. Ce que Friedrich gomma de ses travaux postérieurs à la guerre, sa préférence envers une sorte de dictature éclairée, formait le socle intellectuel des enseignements qu'il dispensait alors Outre-Atlantique et que, paradoxalement sans succès, il tenta de réimplanter dans les facultés allemandes de « nouvelle » science politique après la guerre, sous le haut patronage de l'Association américaine de science politique.
Voir l'article sur Persée