Elias dans le ghetto noir

Varia
Par Loïc Wacquant
Elias dans le ghetto noir Loïc Wacquant La sociologie figuratiormelle de Norbert Elias offre un outil utile pour disséquer la transformation des liens entre caste, classe et espace dans la métropole américaine. En adoptant une perspective relationnelle et en plaçant la peur, la violence et l'État au premier plan de l'analyse, on peut décrire la transition du « ghetto communautaire » du milieu de siècle à « l'hyperghetto » de la fin du siècle comme une interaction dynamique entre trois processus clefs : la dépacification de la vie quotidienne, la dédifférenciation sociale conduisant à la désertification organisationnelle, et l'informalisation de l'économie. Chacun de ces trois processus est déclenché et entretenu par l'effondrement des institutions publiques et par le remplacement du « filet de sécurité » sociale de l'Etat-providence par une « politique du coup de filet » policier et pénal. Elias nous aide ainsi à mettre en exergue les racines proprement politiques de ce modelage urbain de l'exclusion raciale et de classe, dont l'hyperghetto d'aujourd'hui constitue la matérialisation concrète.
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