Le procès fait au Procès de civilisation. A propos d'une récente controverse allemande autour de la théorie du processus de civilisation de Norbert Elias

Varia
Par Dominique Linhardt
Le procès fait au Procès de civilisation. A propos d'une récente controverse allemande autour de la théorie du processus de civilisation de Norbert Elias Dominique Linhardt Après sa « redécouverte » dans les années 1970, après sa « canonisation » au cours de la décennie suivante, l'œuvre de Norbert Elias s'est vu soumise, depuis la fin des années 1980, à des critiques de plus en plus vives. En Allemagne, ces critiques ont conduit à une controverse qui s'est nouée autour de la réfutation de la théorie du processus de civilisation entreprise par Hans Peter Duerr. Au-delà des erreurs factuelles et des lacunes empiriques que l'anthropologue fait valoir dans les quatre volumes que compte son Mythe du processus de civilisation, il vise à dénoncer, sous l'apparente scientificité de la théorie du processus de civilisation, un « mythe politique » qui servirait de justification au sentiments de supériorité qu'ont affiché -et affichent encore aujourd'hui - les « occidentaux » à l'égard des cultures « non occidentales ». Le présent article se propose, au lieu de prendre position en faveur de l'une ou de l'autre des positions défendues, d'étudier la controverse comme un « révélateur » qui peut nous permettre de mieux comprendre les enjeux théoriques et normatifs du geste éliasien et la manière dont Elias fait tenir ensemble la prétention de formuler une « science de l'homme » en même temps que celle de contribuer à l'accomplissement d'une cité meilleure.
Voir l'article sur Persée