Publiciser le risque nucléaire. La polémique autour de la conduite de rejets en mer de l'usine de La Hague

Varia
Par Olivier Baisnée
Publiciser le risque nucléaire. La polémique autour de la conduite de rejets en mer de l'usine de La Hague Olivier Baisnee Comment expliquer qu'en 1997, une usine vieille de plus de trente ans soit devenue pendant près de six mois l'objet de toutes les attentions, tant politiques que journalistiques ? Confrontés à un environnement (le mode de gestion du secteur nucléaire) politique et institutionnel où ils peinent à faire entendre leurs arguments, les antinucléaires ont privilégié une double expertise : médiatique et scientifique. N'ayant que peu accès aux arènes où se joue la définition des problèmes considérés comme légitimes et recevables dans le secteur électro-nucléaire, les militants attachés à une publicisation du débat relatif aux rejets en mer de l'usine, se tournèrent vers les médias. Cependant, ce succès ne doit pas qu'à l'habileté des mises en scène de Greenpeace et à la capacité de laboratoires indépendants à développer une argumentation scientifique. Le scandale de 1997 prit en effet place dans un contexte de profonds changements dans la filière électro-nucléaire. La remise en cause, pour des raisons économiques, de la politique de retraitement, accompagnée de l'arrivée au gouvernement et au Parlement des Verts, contribuèrent également à faire de l'usine de La Hague une cible pertinente pour Greenpeace et un sujet incontournable aux yeux des journalistes.
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