Trois interactions hétérodoxes sur les marchés à la criée du MATIF. Rationalité locale et rationalité globale

Marchés financiers
Par Jean-Pierre Hassoun
Trois interactions marchandes hétérodoxes sur les marchés à la criée du MATIF. Rationalité locale et rationalité globale Jean-Pierre Hassoun Une enquête ethnographique en 1997-1998 sur les marchés à la criée du MATIF (Marché à terme international de France) localisés dans le palais de la Bourse de Paris a permis d'observer différentes interactions marchandes et de collecter les sens subjectifs que les acteurs concernés leur accordent. Trois interactions récurrentes sont prises ici en exemples : « Partager une ligne », « squeezer », « allers-retours gagnants » sont les trois termes de jargon qui les désignent. Nous les qualifions « d'hétérodoxes » dans la mesure où ces pratiques de négociation sont éloignées de l'orthodoxie réglementaire. Par-delà les logiques d'intérêts individuels (matériels ou symboliques), elles révèlent l'existence de « rapports marchands sociaux » rivés à des normes et à des valeurs locales collectivement intériorisées qui permettent à ce lieu de travail et de production qu'est aussi un marché, de mieux remplir les fonctions qui lui ont été assignées. Sur ces marchés, le concept de rationalité est donc souvent clivé : une rationalité globale (ou macro rationalité), celle de la règle, et une rationalité locale (ou micro rationalité), celle de l'interaction. Dans la mesure où la seconde participe pour une part aux finalités de la première, la relation entre les deux ne serait pas nécessairement contradictoire.
Voir l'article sur Persée