Lectures à « l'eau de rosé ». Femmes, patriarcat et littérature populaire

La cause des femmes
Par Janice A. Radway
Lectures à « l'eau de rose ». Femmes, patriarcat et littérature populaire Janice A. Radway La lecture de romans « roses », étudiée non seulement à travers la structure narrative mais aussi, par le biais d'une enquête ethnographique, à travers les pratiques de lecture et les interprétations des lectrices, apparaît comme une pratique fondamentalement ambivalente qui, à la fois renforce des valeurs et institutions traditionnelles et véhicule une dimension de contestation de ces mêmes valeurs. Les récits et les personnages stéréotypés, la partition du monde entre sphère publique masculine et sphère privée féminine, l'inévitable dénouement de l'intrigue par le mariage concourent à conforter une vision conservatrice des rôles sociaux. Cependant cette pratique de lecture, qui trouve son origine dans une profonde insatisfaction quant aux rapports entre hommes et femmes, qui est interprétée par les lectrices elles-mêmes comme une compensation et comme la revendication d'un moment et d'un espace propres, comme l'apprentissage d'une affirmation de soi, peut être vue comme une forme limitée, prudente mais néanmoins légitime de contestation.
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