Le sport comme adjuvant à l'action politique. Le cas du Hezbollah à Beyrouth

Sport et politique
Par Franck Moroy
Le sport comme adjuvant à l'action politique. Le cas du Hezbollah à Beyrouth Franck Moroy La nature de la relation sport/politique ne doit pas être uniquement appréhendée à travers la problématique de l'instrumentalisation du premier par le second. En s'appuyant sur l'exemple du club de football libanais Aahed, fortement identifié à l'ancien parti pro-iranien Hezbollah, l'auteur s'attache à montrer qu'il existe, au contraire, un véritable « échange politique » entre les instances sportives d'un côté et l'organisation partisane de l'autre. Loin d'être seulement le théâtre de pratiques politiques d'acteurs qui lui sont extérieurs, le Aahed fournit de nouvelles ressources d'action au mouvement chiite et participe ainsi à son adaptation stratégique à la configuration politique née de l'après-guerre civile. Cette relation équivoque, indissociable des mutations de la scène politique nationale après 1990, témoigne du caractère inopérant de certains découpages a priori lorsqu'on les projette sur la réalité libanaise. Ainsi, ceux qui consistent à concevoir le sport comme une sphère parfaitement autonome ou à considérer que les mobilisations permises par les groupements associatifs s'opposent nécessairement au champ de la politique professionnelle.
Voir l'article sur Persée