La science politique américaine face aux défis du féminisme

Par Susan J. Carroll, Linda M. G. Zerilli
Susan J. Carroll, Linda M. G. Zerilli [33-81]. Bénéficiant d'un développement fulgurant, le sous-champ des recherches consacrées aux femmes et à la politique a profondément remis en question au cours des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix les postulats, les définitions et les méthodologies de la science politique américaine traditionnelle. Les auteurs du présent article nous donnent un aperçu des multiples déplacements et reconceptualisations qu'entraîne dans l'analyse des phénomènes politiques l'intégration systématique du «point de vue» et des «expériences» des femmes. Trois grands ensembles de travaux féministes sont distingués : ceux qui critiquent la façon dont, traditionnellement, la théorie politique et la recherche empirique en science politique ont dénié aux femmes la capacité d'être de véritables acteurs politiques ; ceux qui tentent de restituer aux femmes la place qui est la leur dans la vie politique, tout en acceptant cependant les cadres dominants de la discipline ; ceux, enfin, qui contestant ces cadres d'analyse et ces postulats dominants, invitent les politistes à repenser de façon radicale la plupart des définitions élémentaires dont ils se servent.
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