Le mythe de la popularité de Reagan

Télévision et politique
Par Michael Schudson, Elliot King
Michael Schudson avec Elliot King [97-116]. Rétrospectivement, il apparaît que, durant sa première année de mandat, ce fut moins le grand public que la presse qui tomba sous le charme de R. Reagan. La réputation de Grand Communicateur qui lui ont construite les journalistes ne résulte en aucun cas de sa capacité à communiquer avec les masses. Elle peut, à l'inverse, être expliquée par cinq autres facteurs : (1) l'habileté de Reagan et de son équipe à communiquer personnellement avec la corporation des journalistes et avec le Congrès ; (2) un changement dans l'équilibre politique du pouvoir à Washington après l'élection de 1980 et un effort concerté pour en tirer avantage ; (3) la capacité de Reagan à mobiliser une fraction décisive des électeurs de droite ; (4) la tendance de la presse à se soumettre à la majorité législative et à interpréter ses succès électoraux comme résultant d'une popularité réelle ; et (5) l'importance exagérée que les médias et les élites de Washington accordent à la télévision dans la production de l'opinion publique et à «l'opinion publique» elle-même.
Voir l'article sur Persée