La persuasion de l'actualité télévisée

Télévision et politique
Par Jacques Gerstlé
Jacques Gerstlé [81-96]. La connaissance de l'information télévisée est marquée en France par un déficit d'études plus sensible encore pour l'approche politique que pour les approches sémiologiques et écologiques. Des transformations structurelles et des changements de pratiques des audiences permettent de reconnaître à l'information télévisée une importance croissante alors que la politique télévisée en période routinisée et en période électorale régresse. Les mécanismes persuasifs de l'information à l'œuvre dans l'effet d'agenda, de cadrage et d'amorçage sont fondés sur des biais d'accessibilité. L'actualité télévisée en orientant l'attention publique pèse sur la hiérarchisation des préoccupations, sur celle des candidats et privilégie certains critères d'évaluation politique. La désintégration de la présidentialité d'Edouard Balladur en 1995 et la consolidation de la présidentialité de François Mitterrand en 1988 relèvent d'effets d'amorçage et de cadrage discriminant. Les performances électorales de Jean-Marie Le Pen s'appuient sur un effet d'amorçage en 1988 qui ne se retrouve pas en 1995, la campagne du candidat constituant alors la seule ressource de communication qui semble contribuer au résultat.
Voir l'article sur Persée