Science et militantisme : les transformations d'un échange circulaire. Le cas de l'écologie française

Usages sociaux des sciences sociales
Par Sylvie Ollitrault
Sylvie Ollitraut [141-162]. Le processus de la circularité, mis à jour par A. Giddens, décrit la rencontre entre une analyse scientifique et sa réception par les acteurs, engagés en politique. Ainsi, la grille savante et les perceptions des acteurs alimentent réciproquement leur légitimité. Néanmoins, on s'aperçoit que la circularité, produite durablement entre la catégorie tourainienne de nouveau mouvement social et la construction identitaire des écologistes, concerne seulement les écologistes politiques. Cet aspect révèle que tout cadre d'interprétation n'est pas susceptible d'un égal succès. Deux facteurs sont alors explorés tout au long de ce développement pour expliciter cette réception particulière qui fait qu'une circularité naît : tout d'abord, l'importance du contexte et plus particulièrement des cadres d'interprétations légitimes, ensuite, l'itinéraire des acteurs qui structure leur représentation de l'action à mener. Enfin, l'article s'arrête sur l'hypothèse d'une nouvelle forme de circularité, «l'auto-circularité». Avec le cas des écologistes, il apparaît que de plus en plus les catégories savantes et militantes se confondent puisqu'elles émanent de militants-savants, capables de produire et d'user de cadres d'interprétation communs à ceux des scientifiques. Cette situation incite à s'interroger sur la nouvelle posture que le chercheur en sciences sociales doit adopter lors de son enquête.
Voir l'article sur Persée