La place de l'enseignement historique dans la formation des élites politiques françaises à la fin du XIXe siècle : l'Ecole libre des sciences politiques

Entrées en politique. Apprentissages et savoir-faire
Par Corinne Delmas
Corinne Delmas [43-67]. On sait que le fondateur de l'École libre des sciences politiques («Sciences po») a pour ambition, au lendemain de la débâcle de 1870, de «refaire une tête au peuple». Etablissement devant contribuer à la formation de l'homme politique, sur fond d'aggiornamento des classes dirigeantes, c'est essentiellement contre le droit naturel révolutionnaire et contre le volontarisme que travaille cette école qui, dès lors, semble moins viser à initier à un art politique qu'à contribuer à désapprendre le rationalisme révolutionnaire et républicain par une alliance du pragmatisme et de l'empirisme. Mais cette alliance a aussi d'autres enjeux, tant politique — la légitimation d'une République conservatrice — que stratégique — s'imposer et se maintenir en tant que jeune école privée des sciences politiques. On comprend mieux dès lors les caractères d'une école que l'on pourrait qualifier de «lieu neutre».
Voir l'article sur Persée