Survivre la nuit et le jour. La préservation de soi face au circuit d'assistance

Dossier: L'exclusion. Constructions, usages, épreuves
Par Pascale Pichon
Pascale Pichon [165-180]. A travers l'opposition jour/nuit, l'article retient les caractéristiques du réseau d'hébergement d'urgence et d'accueil de jour. Il fait apparaître une géographie de la charité selon les modes d'utilisation du circuit caritatif. Aux caractéristiques de l'assistance — hiérarchisation des espaces et des services, gratuité ou quasi gratuité, accueil de masse, imposition d'un mode de sociabilité... — répondent les ajustements des individus contraints d'y avoir recours et ce faisant, de s'engager dans le don. Entre résistance à l'assistance et construction personnalisée du circuit se dévoilent des modes de présentation de soi spécifiques qui interrogent rôles et identités. Le processus de maintien et de dégradation de soi n'est pas seulement perceptible par l'observation. Chaque individu souligne, dans les récits de vie recueillis, la signification globale qu'il donne à la survie en essayant de «tenir» et donc d'utiliser au mieux les ressources offertes (selon la diversité de ses engagements dans d'autres réseaux de survie). Inscriptions territoriales et administratives signent des inscriptions sociales en redéfinition qui ne délivrent jamais de la crainte de ne pas «s'en sortir» (du circuit assistantiel et de cette carrière).
Voir l'article sur Persée