Magistrature et classe politique. Au-delà les urgences de la crise italienne

Incertitudes italiennes
Par Franco Cazzola, Massimo Morisi
Magistrature et classe politique. Au-delà les urgences de la crise italienne. Franco Cazzola et Massimo Morisi [76-891] La magistrature a joué un rôle fondamental dans le déclenchement de la crise italienne, contribuant à délégitimer la classe politique traditionnelle. Les auteurs montrent que le rôle politique qu'elle a ainsi assumé n'est en rien nouveau ni conjoncturel. S'appuyant sur une analyse de la fonction judiciaire dans les systèmes de régulation des États modernes, ils montrent que la magistrature y participe, au moins autant que les institutions proprement politiques, à la définition et à la distribution des valeurs et des ressources sociales. La magistrature peut ainsi opposer à la légitimité représentative des élus une légitimité fondée sur la légalité, dont elle se présente comme le principal garant. L'analyse des demandes d'autorisation d'enquête, adressées par les juges au Parlement dans le but de lever l'immunité des élus sur lesquels ils veulent enquêter, permet d'illustrer et de corroborer cette thèse. La crise des années quatre-vingt-dix en Italie n'a donc fait que manifester avec plus d'ampleur qu'auparavant les conséquences de la «politisation» de la magistrature, qui est inscrite dans les logiques mêmes de la fonction qu'elle remplit au sein des systèmes sociaux complexes.
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