De l'usage de la Nation par les historiens, et réciproquement

Note critique
Par Steven Englund
Prises de parole démocratiques et pouvoirs intermédiaires pendant la Révolution française. Jacques Guilhaumou. [86-107] Cet article a pour objectif de préciser à grands traits l'ampleur et la cohérence des travaux récents sur les prises de parole publique légitime, dès le début de la Révolution française. L'émergence, ensemble, de procédures égalitaires de formation de l'opinion et de la volonté, sous la catégorie de souveraineté du peuple et de pratiques intersubjectives diversifiées et inédites de délibération et de décision, élargit considérablement le champ politique légitime, limité pendant l'année 1789 au discours d'assemblée. A l'horizon de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, on voit se constituer progressivement, par la multiplication des prises de parole démocratiques, un espace d'intercompréhension langagière, configurant un nouvel espace public de réciprocité. Il s'est également agi de caractériser la relation universalisante, au fort potentiel esthétique, qui s'établit, à partir de l'été 1792, entre l'expression particulière sous forme d'adresses de telles paroles «populaires» et la nouvelle dynamique généralisante du discours d'assemblée.
Voir l'article sur Persée