A. Desrosières, La politique des grands nombres. Histoire de la raison statistique

Lectures
Par Didier Georgakakis
Statistique et politique. La normalité du collectif. Laurent Thévenot. [5-20]. L'idée d'une politique des statistiques conséquente doit se comprendre dans les relations nouées entre des opérations statistiques engageant une qualification des personnes et des opérations qui font équivalence par référence à d'autres registres, moraux, sociaux ou économiques. Il s'agit dès lors d'analyser les intrications entre des formules d'équivalence différentes, statistitique et politique. L'illustration en est fournie par les modalités de composition de l'opération de la moyenne à des constructions politiques antagonistes chez Quetelet et Durkheim. La moyenne réalise chez Quetelet la construction d'une norme morale, celle de l'individu idéal, permettant l'évaluation différentielle des grandeurs politiques et morales. Chez Durkheim, la moyenne apparaît comme une modalité — discutée — de construction d'une physique sociale du fait collectif et d'assomption d'un être moral réaliste irréductible aux êtres particuliers.
Voir l'article sur Persée