L'impossible police parisienne ?

Représentations de Paris
Par Jean-Marc Berlière
L'Impossible police parisienne ? Jean-Marc Berlière [33-51]- Pour d'évidentes raisons politiques, le premier Consul, perpétuant en cela l'attitude de l'Ancien régime, a doté la capitale d'une organisation policière spécifique. Survivant aux révolutions du XIXe siècle, la préfecture de police a joué, dès le coup d'état du 2 décembre, un rôle politique sans équivoque au service du césarisme impérial. Les jours de cette "institution consulaire" semblaient donc comptés au lendemain du 4 décembre 1870. Pourtant la République va conserver cet héritage, mieux elle va le développer. Comment une police qui avait symbolisé l'arbitraire et les procédés d'un régime honni et discrédité, a-t-elle pu lui survivre ? Pourquoi, non seulement la préfecture de police n'a-t-elle pas été supprimée par ceux-là mêmes qui avait eu tout loisir de subir et d'apprécier son rôle sous l'Empire, mais pourquoi n'y eut-il pas même d'épuration d'un personnel qui fit encore la preuve de son anti-républicanisme pendant l'Ordre moral ? L'étude des péripéties de l'échec d'une réforme prématurément annoncée, l'analyse des débats et des arguments, permettent, au-delà des palinodies des hommes politiques, d'observer les rapports complexes qui s'établissent entre le pouvoir politique - quels que soient ses détenteurs - et l'un de ses instruments privilégiés. Au-delà, cette gestion, sans états d'âmes, par la Ille République d'un héritage essentiellement napoléonien pose en termes concrets la question des ruptures et de la continuité en matière de police.
Voir l'article sur Persée